Le processus de création

Les matières utilisées par l’atelier viennent du monde entier. Nous chinons au gré de nos voyages et autres déplacements des étoffes, des fournitures, du cuir et surtout des idées ! A chaque endroit, expo ou rencontre intéressante, une petite « case » s’ouvre en plus à l’atelier. Cette case donnera peut être lieu à un modèle plusieurs mois plus tard.

Une partie des matériaux employés à la fabrication des articles que nous proposons est issue de l’économie durable. Nous utilisons des stocks existants de tissus et de cuirs et leur donnons la possibilité de briller plutôt que d’être abandonnés sur des étagères (et un jour détruits). Les matières sont neuves, elles existent déjà et ne nécessitent pas d’enclencher une production (polluante et coûteuse en énergie).

Les modèles sont imaginés, dessinés et prototypés à Antibes, dans l’atelier. Un sac demande des jours de développement, des dizaines d’essais (ratés) et de longues heures de patience. C’est cette phase là qui est la plus compliquée mais (évidemment) c’est aussi la plus intéressante.

Une des particularités ici c’est que tout est fabriqué sur place, rien est sous-traité. Les modèles sont conçus, découpés, montés, finis et emballés dans l’atelier antibois ! Un sac Isoropia c’est l’assurance d’un article fait avec attention et soin car ils sont tous fabriqués un à un, lentement, patiemment (sur fond de musique jazzy, accompagnés de litres de thé !).

Une des sources d’inspiration principale de l’atelier est le Japon. De ce fait, un grand soin est apporté à la manière dont vos commandes sont emballées et offertes. Le paquet est aussi important que ce qu’il renferme, un joli paquet c’est un frisson d’excitation avant un vrai moment de joie ! Petit à petit, nous essayons d’utiliser seulement des matières recyclées ou durable pour emballer nos articles.

Cette boutique en ligne, on en rêve depuis longtemps ! Vous pouvez désormais retrouver vos articles préférés, guetter les nouveautés et commander vos modèles directement en ligne. Nous espérons que vous prendrez autant de plaisir à la parcourir que nous en avons eu à la remplir !

L’atelier Isoropia

Mathilda, la créatrice vous raconte...

" Janvier 2016 sur la Riviera: j’ai terminé mes études de styliste/chef de produit et je travaille pour une marque de prêt-à-porter niçoise. C’est à ce moment-là que l’idée de créer mon propre atelier a germée. Mon compagnon m’aide alors à aménager un espace de création dans notre garage, au sous-sol de l’immeuble. Les piles de tissus, les bobines de fils et autres galons se multiplient rapidement, côtoyant ainsi les tuyaux de cuivre, les pièces de moto et groupes de climatisation: c’est un joyeux bazar ! Pourtant, je m’y suis rapidement sentie comme dans un cocon. Il a été mon refuge pendant près d’un an. J’y ai travaillé avec acharnement tous les week-ends, été comme hiver. Je m’y suis exercée avec passion et c’est dans cet endroit que j’ai pu mettre au point mes premières pièces. J’y ai aussi pleuré de nerfs sur les premiers prototypes ratés, et atteint l’euphorie quand les tests fonctionnaient. Tous les samedis, j’enfilais ma « tenue de combat » (une blouse tâchée de peinture et un vieux jean troué) et je rejoignais mon antre.
Ainsi, j’ai commencé à réfléchir à la place qu’allait occuper cet atelier dans ma vie.

Durant cette année dans le sous-sol, personne ne sait vraiment ce que j’y fabrique. Je reste évasive et c’est parfois difficile car mon entourage voit bien que je suis enfermée tous les week ends ! Je suis terrorisée à l’idée de montrer mon travail. Eternelle insatisfaite, j’avais l’impression de manquer de légitimité. J’apprenais seule, sans avoir les compétences de base pour fabriquer mes produits. Car je savais précisément ce que je souhaitais : des produits fabriqués de A à Z par mes soins ; originaux, mais par marginaux, pratiques et design. Mais peu importe, j’avançais à tâtons, en lisant divers ouvrages, en regardant tous les tutoriels disponibles en ligne. J’ai aussi cherché des moyens de contourner les méthodes académiques en m’inspirant d’autres métiers artisanaux.

En parallèle, mon poste dans cette maison niçoise de prêt-à-porter haut de gamme me permet de côtoyer des professionnels et d’apprendre les rouages de construction d’une collection. J’y ai appris à sourcer des matières, à monter des dossiers techniques, à faire des commentaires d’essayage et à mettre en place un showroom. Mais, pas un seul jour ne passait sans que je ne pense à mon atelier et à ce magma d’énergie créative que j’avais tellement besoin d’exprimer.

Tout cela a fini par payer car fin 2016 j’ai réussi à sortir des sacs qui remplissent la fonction attendue, avec des finitions correctes.

En janvier 2017, mon compagnon et ma mère me font une belle surprise : ils ont installé un véritable atelier dans mon ancienne chambre d’enfant. Mon compagnon et moi habitions en face; d’autant plus pratique pour s’y rendre et y passer des heures. A moi la lumière du jour, un chauffage en hiver et de l’air en été, un véritable établi, les bons petits plats le midi et puis soyons fous… du wifi ! C’est une révolution qui se met en marche !

Mon travail prend alors une toute autre tournure et je décide de donner un nom à tout ceci, de plancher sur un logo, d’ouvrir une boutique en ligne. Je me prends même à rêver de participer à des marchés de créateurs. Mon projet de plusieurs années s’appellera « Isoropia », traduction phonétique d’« équilibre » en grec, une langue chère à mon coeur et un concept dont j’ai fait mon mode de vie.

Dans ce nouvel environnement je travaille mieux et plus vite. Mon travail en freelance m’offre une certaine souplesse, ce qui me permet de consacrer plus de temps à Isoropia, d’ouvrir une boutique Etsy et rapidement de participer à des marchés de créateurs. Un rythme un peu dingue mais qui me plaisait car j’étais stimulée en permanence.

Deux années passent : j’enchaîne les expositions de créateurs, les gens me contactent et je dois parfois refuser certaines propositions car je n’ai pas le temps de tout faire. A la fin de l’année 2018, je crée le blog de l'atelier: Le Comptoir Isoropia mais je suis exténuée et je ressens un manque cruel d’idées. J’ai pris le temps de souffler, de lever le pied à l’atelier. Et les mois ont passé…

Courant 2019, ma vie professionnelle prend un tournant inattendu : exit le prêt-à-porter et bonjour la débrouille ! Une fois les difficultés surmontées et après mûres réflexions, j’ai décidé de me consacrer un peu plus à l'atelier mais pour cela j'avais besoin de me trouver.
Sur un coup de tête, je pars donc à l’autre bout du monde pour rejoindre ma sœur, le temps de me déconnecter et d’espérer en apprendre un peu plus sur moi. J’en reviens changée avec des nouvelles convictions et une belle énergie créative. Quelques semaines plus tard, un autre voyage fondamental et prévu depuis longtemps: le Japon. Là-bas aussi le changement est palpable et ma vision de la vie devient toute autre à mon retour : je suis pleine d'inspirations, d'idées et de volonté.

Puis décembre arrive rapidement, j'ai trouvé un petit boulot alimentaire (car il faut bien payer le loyer !) qui me plaît et grâce auquel je m’enrichie d’autres compétences. Pendant ce temps, la saison des fêtes bat son plein et je tiens le bon bout !

L’année 2020 commence et je n'ai désormais qu'une seule envie : croquer dedans à pleine dents ! Maintenant, Isoropia ne demande qu'à s'épanouir !"